RDC : Les experts de l’Onu pointent les liaisons dangereuses de Kinshasa

RDC : Les experts de l’Onu pointent les liaisons dangereuses de Kinshasa

Les tensions à l’est mais aussi aux portes de Kinshasa n’ont peut-être jamais été aussi exacerbées et les acteurs de la crise aussi nombreux.

En un peu plus de 150 pages ! Le panel des experts des Nations unies dresse une cartographie des principaux points chauds de la RDC. Une étude qui a été menée jusqu’au début novembre, quelques semaines avant le début officiel de la campagne électorale pour la présidentielle et différents niveaux législatifs mais aussi quelques semaines avant le lancement de la plate-forme politico-militaire de l’Alliance Fleuve Congo de Corneille Nangaa, l’ancien patron de la Ceni qui ne circonscrit pas sa lutte à l’est du Congo mais menace de renverser le pouvoir du président Tshisekedi.

Ce rapport a été communiqué le 20 novembre 2023 au Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1533 (2004) concernant la République démocratique du Congo, qui l’a examiné le 7 décembre 2023. Il a été rendu public ce 3 janvier.

Le constat, détaillé dans des annexes très documentées, pointe notamment la mobilisation par Kinshasa de différents groupes ou milices militaires, parfois déplacés d’un bout à l’autre du pays, pour tenter de gonfler les effectifs devant faire face aux hommes du M23 soutenus par l’armée rwandaise mais aussi par quelques milices congolaises comme le groupe Zaïre ;

Le rapport pointe ainsi la mobilisation (parfois suite à des arrestations), la formation et l’envoi de plus de 1 000 hommes de l’ex-Bandundu vers le Nord-Kivu. Des hommes puisés dans les rangs des forces Mabondo, proches de l’ethnie Teke qui affrontent les Yaka dans le Mai-Ndombe.

Un conflit qui a fait au moins plusieurs centaines de morts et qui a largement quitté les frontières de la province du Mai-Ndombe pour s’étendre, notamment au Kwango, au Kongo-Central et jusqu’à Maluku, dans la province de Kinshasa.

Ces combattants Mabondo envoyés sur le front de l’est rejoignent un ensemble hétéroclite. On y retrouve, selon les experts des Nations Unies, aussi bien des hommes de l’armée burundaise qui agissent sous l’uniforme de l’armée congolaise, que de nombreuses milices congolaises réunies sous l’appellation wazalendo (qui espèrent trouver ainsi un peu de légitimité en adhérant à ce mouvement « patriotique » et qui endossent aussi parfois les tenues de l’armùée régulière congolaise), ou des mercenaires occidentaux, sans oublier des membres des FDLR rwandais.

Dans ce contexte le groupe d’experts appelle le gouvernement congolais à mettre fin immédiatement à l’utilisation de groupes armés comme supplétifs et à leur approvisionnement en arme.

Massacre de Goma et trafic d’or

Les experts onusiens ont aussi confirmé que les forces spéciales de la Garde républicaine (qui dépendent directement du chef de l’État) ont tué plus de 57 manifestants non armés à Goma, à la suite de rumeurs selon lesquelles ils avaient été infiltrés par le M23.

Par ailleurs, le rapport point aussi la société Primera Gold DRC qui a continué à faire gonfler les exportations officielles d’or de la République démocratique du Congo. Mais les experts soulignent que la société Primera Gold a « manqué gravement à son devoir de précaution, notamment en ce qui concerne l’origine de l’or commercialisé ». Ils ajoutent que « ce mépris des autorités minières pourrait avoir des conséquences sur la lutte contre la contrebande de l’or, qui s’est poursuivie, notamment grâce au préfinancement lié au blanchiment d’argent par des individus et des réseaux régionaux ou internationaux » 

La Libre – Maroc Meteo