Niger : Contrairement à la France, les États-Unis veulent rester

Niger : Contrairement à la France, les États-Unis veulent rester

Les États-Unis ne devraient pas suivre le retrait militaire de la France, ils veulent maintenir leur base de drone à Agadez.

Profile bas. Depuis le 26 juillet, date du coup d’État au Niger, Washington marche sur des œufs au Sahel et a clairement marqué sa différence par rapport à la France.

Seul point commun entre Paris et Washington, ils ont appelé au rétablissement de l’ordre constitutionnel dans les premières heures du coup d’État… Et c’est tout. En effet, si Paris continue de marteler son opposition à la junte militaire et tente de mobiliser les autres pays membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) en vue d’une intervention militaire au Niger, Washington, la joue nettement plus realpolitik.

Le principal acteur occidental

Il faut dire que contrairement à la France, les États-Unis ne sont pas ciblés par une campagne “populaire” hostile. Pourtant, le premier appel international du président démis Mohamed Bazoum a été lancé aux États-Unis dans les colonnes du Washington Post dès le 3 août. Le chef d’État, toujours détenu avec son épouse et son fils dans sa résidence, rappelait : “Les États-Unis, l’Union africaine et l’Union européenne comme la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest l’ont dit haut et fort : un terme doit être mis à ce coup d’État”.

Dans ce contexte, Washington, contrairement à Paris qui a annoncé le retrait de ses hommes et a finalement rappelé son ambassadeur, rentré ce mercredi au pays, a expliqué qu’il étudiait différentes options. Depuis le coup d’État du 26 juillet, les troupes américaines, approximativement 1 100 hommes, dont une centaine de forces spéciales, se sont faites très discrets. À la fin du mois de juillet, une partie du petit contingent basé dans la banlieue de Niamey a été repositionnée dans la base d’Agadez plus au nord. Objectifs : ne pas s’exposer dans la capitale et garantir la sécurité de cette base jugée essentielle dans la lutte contre les djihadistes.

Position très stratégique

Le Niger, avec ses 7 frontières dans une région bousculée par ces mouvements djihadistes, est devenu une position stratégique. Le pays permet d’avoir facilement un œil sur la Libye, où sont déployés des mercenaires du groupe Wagner, mais aussi sur l’Algérie, pays avec lequel Washington tente de resserrer les liens, ou sur le Nigeria, la grande puissance régionale ouest-africaine, terre de nombreuses factions djihadistes de plusieurs obédiences, sans oublier le Mali et le Burkina Faso, les deux autres pays du Sahel où des militaires ont pris le pouvoir et ne cachent pas leur sympathie pour Moscou. Wagner est au nord du Mali et fait pression sur la junte burkinabée pour s’installer à Ouagadougou.

Les États-Unis sont donc déterminés à rester au Niger, la junte le sait. Elle a bien compris aussi que les Américains, s’ils peuvent accepter certaines évolutions, refusent catégoriquement que Moscou, à travers ses “gros bras”, puisse se substituer à la France. La partition dans cette région est d’une précision absolue. Les messages sont passés. La junte nigérienne n’a droit à aucune fausse note et se retrouve malgré elle coincée entre Moscou et Washington.

La Libre – Maroc Meteo