La 23e édition du Cinemamed se penche sur les récits et voyages autour de la Mer(e) Méditerranée

La 23e édition du Cinemamed se penche sur les récits et voyages autour de la Mer(e) Méditerranée

Pendant huit jours, le festival met le cap sur la Méditerranée. Avec plus de 70 films dans ses bagages, issus de 20 pays, mais aussi des ateliers, concerts, rencontres, DJ sets et un marché, la 23e édition partage les récits de migration et fait vœu d’hospitalité… Vidéos

Unique ou plurielle, délitée ou recomposée, la famille s’impose en guise de fil rouge de cette 23e édition du Festival du cinéma méditerranéen (Cinemamed) de Bruxelles. Des portraits de famille à admirer ou décrypter au fil de films aux titres intrigants : Avant que les flammes ne s’éteignent, de Mehdi Fikri, Animal de Sofia Exarchou, Creatura d’Elena Martin Gimeno et Hesitation wound, de Selman Nacar, entre autres propositions.

Impossible de citer les 21 films inscrits dans ce sillon, mais chacun devrait y trouver son bonheur que l’on soit attiré par les histoires de mafia (Un pezzo di papa) ou prêt à embarquer aux côtés de deux sœurs, entamant un voyage extraordinaire (Sirocco et le royaume des courants d’air, primé au festival d’Annecy) ou que l’on décide de suivre la quête d’un jeune homme d’ascendance inconnue (I’m not lakit).

L’humain en point de mire

Depuis quelques années déjà, hiver comme été, les rives de la Méditerranée ne charrient plus seulement des échos de douceur de vivre et de félicité. Sensible aux parcours de migrants venus principalement d’Afrique et aux nombreuses tragédies qui se jouent face à ses côtes, le Cinemamed s’en fait l’écho à travers une sélection de films dont le regard est résolument tourné vers la mer. À commencer par Io Capitano, de Matteo Garrone (Gomorra), primé à Venise et proposé en ouverture du festival, ce vendredi 1er décembre. Un film qui permet d’aller au-delà des chiffres en suivant le parcours emblématique de deux jeunes migrants sénégalais. C’est aussi le cas des documentaires Pure Unknown de Mattia Colombo et Valentina Cigogna ; Le mot je t’aime n’existe pas, de Raphaele Benisty, mais aussi Upon Entry d’Alejandro Rojas et Juan Sebastian Vasquez, proposé lors de la soirée de clôture, vendredi 8 décembre. Autant d’itinéraires qui font écho au film Traversées (1982), projeté le 4 décembre au cinéma Palace en copie restaurée.

À travers ses deux compétitions – dont l’une, baptisée Rêvolution, tourne son regard vers demain.

son large panorama de films inédits, ses nombreuses avant-premières et séances spéciales, le festival propose une longue liste de perles venues du Sud, dont certaines se sont déjà fait remarquer à l’international. C’est le cas de La Chimera d’Alice Rohrwacher, présenté à Cannes et de Bâtiment 5, le nouveau film très attendu de Ladj Ly (Les Misérables). Résolument tourné vers la jeunesse, le Cinemamed propose aussi de découvrir HLM Pussy, un trio de jeunes filles, filmées par Nora El Hourch, bien décidées à ne pas se laisser intimider par les garçons qui les entourent.

Ces huit journées de festival offrent l’occasion de croiser des destins étonnants et de renouer avec des personnalités passionnantes telle Luana Bajrami, qui présentera son second long métrage Notre Monde sur deux amies en quête d’indépendance dans le Kosovo de 2007. Ou le chorégraphe et danseur Sidi Larbi Cherkaoui, qui accompagnera la projection de Backstage, road-movie tourné dans une forêt de l’Atlas marocain, où il s’illustre devant les caméras d’Afef Ben Mahmoud et Khalil Benkirane.

À cela s’ajoute le focus Espagne qui fera écho à la prochaine présidence du conseil de l’Union européenne. Composé de neuf longs métrages, on y retrouvera, notamment, trois films du réalisateur Jonas Trueba proposés à Bozar.

Découvertes et dépaysement

Que ce soit dans le Coup de cœur du court, le Medoc ou le Med in Belgium, la variété de propositions permettra aux différents publics du festival de trouver écrans à leur gré.

À côté des nombreux parcours de vie et des multiples visages qui parsèment la sélection 2023, le Cinemamed propose aussi des rencontres, un marché, des ateliers, des soirées et concerts gratuits, ainsi qu’une expo photo, preuve que la convivialité s’enracine d’abord dans le concret.

« Backstage » road-movie marocain d’Afef Ben Mahmoud et Khalil Benkirane.

Épaulé par ses traditionnels alliés – les cinémas Palace et Aventure, Bozar – le Cinemamed part à la conquête des publics du W : Halll de Woluwe, du Cinéma Galeries et de l’Espace Magh. Et pour la première fois, il s’installe à La Tricoterie de Saint-Gilles où l’on pourra redécouvrir Costa Brava Lebanon ainsi que son prolongement, Dancing on the edge of a volcano, documentaire réalisé peu de temps après l’explosion du port de Beyrouth, le 4 août 2020.

Le Liban sera d’ailleurs présent dans toutes les sections du festival et au cœur de l’exposition photo installée au Palace. Pour prolonger la découverte de cette terre récemment malmenée mais aux richesses insoupçonnées, le festival proposera aussi l’écoute du nouvel album du chanteur Dominique Dalcan, né au pays du Cèdre.

La Libre – Maroc Meteo